RDC : cinq scénarios pour sortir de la guerre

ACTIVISM

Jaet Juvi

12/31/20253 min temps de lecture

Face à l’avancée des groupes armés, notamment le M23, et à l’effritement de l’autorité étatique dans ces régions, un rapport récent du Center on International Cooperation (CIC) de l’Université de New York propose plusieurs voies possibles pour sortir de cette crise avant 2026.

La guerre qui déchire l’est de la République démocratique du Congo (RDC), particulièrement dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri, reste l’un des conflits les plus complexes et meurtriers d’Afrique. Face à l’avancée des groupes armés, notamment le M23, et à l’effritement de l’autorité étatique dans ces régions, un rapport récent du Center on International Cooperation (CIC) de l’Université de New York propose plusieurs voies possibles pour sortir de cette crise avant 2026. Le Point.fr

Un contexte explosif dans l’est

Depuis le début de l’année 2025, le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda selon plusieurs observateurs, a capturé des villes clés comme Goma et Bukavu, mettant en évidence les difficultés de l’État congolais à contenir son avance malgré l’intervention de forces nationales et internationales. Le Point.fr

Cette situation alarmante a relancé les discussions sur les stratégies possibles pour mettre fin à ce cycle de violence qui affecte profondément les populations locales, provoquant des déplacements massifs, des violations des droits humains et une crise humanitaire persistante. UNICEF

Cinq scénarios pour une sortie de crise

Selon le rapport du CIC, cinq grandes options sont envisagées pour tenter de sortir de l’impasse sécuritaire et ouvrir la voie à une paix durable. Le Point.fr

1. Effondrement du M23

Le scénario considéré comme le plus favorable pour Kinshasa serait l’effondrement militaire du M23, notamment par le retrait du soutien rwandais, affaiblissant ainsi sa capacité de combat. Une amnistie partielle pourrait être envisagée pour faciliter ce processus, mais les rebelles rejettent déjà cette option car elle signifierait la fin politique du mouvement. Le Point.fr

2. Paix crédible avec intégration limitée

Un processus de paix crédible impliquerait un affaiblissement du M23 avec une intégration « au cas par cas » de ses combattants dans l’armée nationale (FARDC), sans garanties de pouvoir pour les commandants rebelles. En parallèle, une Autorité spéciale de stabilisation serait créée pour superviser la reconstruction, la réconciliation et le retour des réfugiés dans le Kivu et l’Ituri. Le Point.fr

3. Intégration politique et militaire

Un troisième scénario propose une intégration plus profonde du M23 dans les structures étatiques, avec des postes de commandement dans l’armée et l’administration provinciale. Ce compromis, considéré comme politiquement sensible, risque d’être perçu comme une récompense pour avoir pris les armes, et pourrait déclencher une forte opposition de la société civile. Le Point.fr

4. Autonomie temporaire

Une autre option envisagée serait d’accorder une autonomie temporaire aux zones contrôlées par le M23 via une force intérimaire spéciale. Ce scénario, déjà suggéré lors des négociations à Doha, viserait à instaurer une trêve de plusieurs années tout en offrant au groupe une certaine gouvernance locale. Cependant, cette option est jugée difficile à accepter pour le gouvernement congolais. Le Point.fr

5. Large autonomie ou fédéralisme

Le scénario le plus favorable aux revendications du M23 serait une large autonomie régionale incluant une réforme constitutionnelle vers un État fédéral ou la dissolution de l’armée nationale actuelle pour permettre la création d’une nouvelle force intégrée. Cette option, même si elle répond à certaines aspirations des combattants, est politiquement inacceptable pour Kinshasa sans provoquer une crise de légitimité. Le Point.fr

Une fenêtre étroite pour la paix

Le rapport du CIC conclut que les scénarios les plus réalistes restent ceux qui combinent une forme d’intégration contrôlée avec des mécanismes de stabilisation et de reconstruction, tout en nécessitant une forte pression internationale et des incitations économiques pour encourager les parties à faire des concessions. Le Point.fr

Cependant, le chemin vers une paix durable est semé d’obstacles. Les négociations, comme celles de Doha, et les accords régionaux n’ont jusqu’ici pas suffi à arrêter les combats, et la situation humanitaire continue de se détériorer. The United Nations Office at Geneva

Vers un avenir plus stable ?

Les acteurs régionaux et internationaux appellent à des dialogues inclusifs et à des mécanismes de soutien pour protéger les civils, renforcer l’état de droit et rétablir l’autorité de l’État dans l’est de la RDC. Sans une politique concertée et des mesures concrètes, la paix espérée en 2026 reste incertaine, laissant des millions de Congolais dans l’attente d’une sécurité durable.

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